EN BREF : LA COP 30 EST ELLE UN ECHEC ?
L’absence de feuille de route sur la sortie des énergies fossiles a suscité un certain nombre de réactions negatives. Mais peut -on dire qu’elle soit un echec ?
Quelques avancées :
Menacée dès son ouverture par l’absence de grands pays -et grands pollueurs- tels que les Etats Unis, l’enjeu était tout de meme de ne pas perdre le partenariat et mode de gouvernance avec les autres pays, et de respecter les engagements précedants.
De fait des engagements concrets de decarbonation ont éte pris. Et le plus important peut être, est que ces accords ont éte le fait d’acteurs variés (entreprises, syndicats, association ou ONG ..) au dela des seuls gouvernants . En réalités, les acteurs américains étaient là, malgré l’absence de TRUMP. Pour la premiere fois, le sujet de la "transition juste" à donné lieu à une série de droits, aux femmes, aux travailleurs et aux communautés autochtones. Ces dernières sont essentielles pour lutter contre la deforestation. et l’efondrement des écosystèmes.
Les limites :
La "justice climatique" - présente dans les débats, ce qui est important- n’a pas donné lieu à des engagements financiers plus forts. Il faut avoir en mémoire le fait que l’effet de serre est le resultat d’emissions cumulées depuis un siècle, ce qui signifie que les les pays riches dont une responsabilité plus importante. Les communautés les plus pauvres qui ont contribué le moins aux émissions de gaz à effet de serre, sont souvent les plus gravement touchées par les catastrophes climatiques comme les ouragans, les inondations et les sécheresses. Selon l’ étude de CarbonBrief, (innovante ,qui inclut désormais les émissions liées à l’utilisation des terres et à la foresterie et prend en compte toutes les sources d’émissions de CO2 depuis 1850 jusqu’à 2021, les États-Unis se distinguent comme le plus grand émetteur historique, représentant 20 % des émissions globales cumulées, suivis de la Chine, du Brésil et de l’Indonésie, notamment en raison de l’exploitation des sols.
Au total, les pays développés ne se sont pas engagés à augmenter l’enveloppe globale de leurs financements climatiques, 300 milliards de dollars par an d’ici 2035. Le reste s’effectue pour l’essentiel par des prêts pour la reduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les themes absents de la COP 30 : biodiveristé, terres rares, déchets
Les enjeux des déchets et de leur pollution (électroniques, plastiques, textiles…) n’ont pas fait l’objet de cadres précis. Il en va de même des terres rares et des métaux liés à la transition , de leurs pollutions et de leur viabilité, or ils qui conditionnent la soutenabilité réelle des technologies dites « vertes » ; enfin, pourquoi isoler la question de la biodiversité en une COP spécifque alors que ces enjeux sont intrinsinquement liés ?
La difficulté essentielle est sans doute que la transition écologique demande une transformation radicale des modèles de production, consommation et gestion des ressources naturelles. Ce que nous ne sommes pas encore prêts à reconnaitre.
L’europe de son coté n’est pas aussi vertueuse qu’elle voudrait le faire croire. Selon la Commission européenne, en 2023, les 27 États membres ont réduit de 37 % leurs émissions nettes de gaz à effet de serre par rapport à 1990, en-deçà de l’objectif contraignant de 55 % fixé par l’Union européenne ». Surtout, ses politiques ne sont cohérentes avec les objectifs. Corinne Lepage note que le paquet Green, voté entre 2019 et 2024” "donnait sur le plan économique une véritable avance à l’Europe”, mais qu’aujourd’hui, "c’est la Chine qui est la championne “des technologies de décarbonation qu’elle est en train de nous vendre. Claire Nouvian regrette qu’en pleine COP, “l’Union européenne parle à Belém et casse à Bruxelles” avec la directive omnibus qui" détricote 9 lois".
Dans ce conflit entre lobbies économiques dominants et et enjeux écologie, une voie de sortie est envisagée par certains capitaines d’industrie : c’est la conviction naissante que le dérèglement climatique risque de detruire le capitalisme, en particulier face à l’impact financier et social des événements climatiques extrêmes. A méditer ?
Marie-Odile NOVELLI
Engageons nous pour la planète, pour les solidarités, pour un nouvel humanisme au 21ème siècle
